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Introgression entre Pinus sylvestris L. et Pinus uncinata Ramond dans la forêt d'Osséja (Pyrénées-Orientales)

Probst, Anne and Rouane, Pierre Introgression entre Pinus sylvestris L. et Pinus uncinata Ramond dans la forêt d'Osséja (Pyrénées-Orientales). (1984) Documents d'écologie pyrénéenne, vol. 3 . pp. 523-529. ISSN 0750-7038

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Abstract

La forêt d'Osséja est essentiellement constituée de Pins à crochets et de Pins sylvestres. Ces deux espèces ont des répartitions liées à l'exposition et à l'altitude. Le Pin sylvestre se situe aux basses altitudes et aux expositions NW. Le Pin à crochets occupe tout le reste du massif forestier. De nombreuses formes intermédiaires existent entre les deux. Cette forêt est donc un ensemble introgressé dont l'étude est intéressante, d'autant plus que les utilisations forestières et la productivité des deux espèces ne sont pas identiques. Nous avons donc entrepris une étude biométrique détaillée portant sur environ 900 arbres répartis le long de 3 transects altitudinaux en expositions différentes et appartenant à 3 classes d'âge. Nous avons étudié environ 60 caractères anatomiques et morphologiques. Les graines issues de chaque arbre repéré ont été semées séparément. Le temps mis par les graines pour germer et les nombres cotylédonaires des plantules se sont révélés particulièrement intéressants. Le nombre moyen de cotylédons est de 5 environ chez Le Pin à crochets et de 6 chez le Pin sylvestre; différence faible mais statistiquement significative. L'étude porte sur environ 10000 plantules. Sur le transect N-NE, le nombre cotylédonaire reste relativement stable et proche de 5. Il s'agit de Pins à crochets où une faible variation est due à une légère influence de la taille du cône sur le nombre de cotylédons (augmentation de ce nombre avec la taille du cône). Le temps mis par les graines pour germer décroît avec l'altitude. Au niveau des transects N-NW, le nombre cotylédonaire moyen traduit l'hybridation entre les deux espèces. Il y a passage progressif de 5 à 6 cotylédons en moyenne du Pin à crochets vers le Pin sylvestre, et les graines germent plus rapidement. Ces caractères ont été traités par des analyses factorielles des corespondances. L'axe 1 représente dans les deux cas l'introgression. L'axe 2 traduit dans un cas l'augmentation du nombre moyen de cotylédons chez le Pins à crochets et dans l'autre l'altitude et la diminution du temps mis par les graines pour germer. Par ailleurs, ces deux caractères (nombre de cotylédons, temps nécessaire à la germination) sont bien corrélés et fournissent à eux seuls une bonne image du phénomène d'introgression. Il faut souligner le fait que ces germinations très étalées dans le temps sont un caractère adaptatif important pour le Pin à crochets, qui permet à une partie des plantules d'échapper à l'effet des gelées. Or ce phénomène est le moins marqué là où il serait le plus utile c'est-à-dire aux hautes altitudes, ce qui contribue probablement à y limiter l'extension de l'espèce. Dans les parties basses, le phénomène est présent mais moins utile. Il contribue peut-être néanmoins à la grande extension du Pin à crochets vers les régions basses, là où le Pin sylvestre est absent (ce qui est le cas un peu partout en Cerdagne, où il a été détruit par l'homme). En forêt d'Osséja, il a été réintroduit au 18 siècle dans le bas NW et on constate alors qu'il y concurrence efficacement le Pin à crochets.

Item Type:Article
Audience (journal):National journal (no peer-reviewed)
Uncontrolled Keywords:
Institution: Université de Toulouse > Université Paul Sabatier-Toulouse III - UPS
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Deposited By:Florence Amor

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